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Header bidding server-side : quels effets sur yield et transparence ?

Header bidding server-side : quels effets sur yield et transparence ?

Le server-side promet plus de concurrence, mais déplace une partie du contrôle hors du navigateur


Le header bidding a été l’une des réponses les plus structurantes des éditeurs à la domination historique des cascades d’ad servers. En permettant à plusieurs SSP, supply-side platforms, plateformes qui commercialisent automatiquement l’inventaire publicitaire des éditeurs, de concourir simultanément avant l’appel à l’ad server, il a augmenté la pression de demande et réduit l’avantage de certains partenaires prioritaires. Mais sa version client-side, exécutée dans le navigateur ou l’application de l’utilisateur, a rapidement rencontré une limite opérationnelle : plus on ajoute de partenaires d’enchère, plus on ajoute de latence, de charge JavaScript, de risques de timeouts et de dégradation de l’expérience utilisateur.

Le header bidding server-side consiste à déplacer tout ou partie de cette mise en concurrence vers un serveur intermédiaire. Au lieu que le navigateur appelle directement dix ou quinze partenaires, il appelle un endpoint unique, qui relaie ensuite la demande vers plusieurs SSP ou exchanges. L’objectif est clair : augmenter la densité d’enchères sans pénaliser le temps de chargement, améliorer la scalabilité, simplifier l’intégration technique et parfois mieux contrôler les règles d’enchère. Dans un environnement où le RTB, real-time bidding, désigne l’achat d’une impression publicitaire en temps réel via enchère automatisée, chaque milliseconde et chaque requête perdue peuvent affecter le revenu éditeur.

Pour les professionnels du marketing, le sujet peut sembler d’abord supply-side. Il ne l’est pas seulement. Le server-side modifie la manière dont les acheteurs accèdent à l’inventaire, la visibilité qu’ils ont sur la chaîne d’approvisionnement, la qualité des signaux transmis aux DSP, demand-side platforms, plateformes utilisées par annonceurs et agences pour acheter des impressions en temps réel, et parfois le prix final payé. Il influence donc le yield, c’est-à-dire le revenu publicitaire optimisé par impression ou par mille impressions, mais aussi la transparence, la qualité média et l’efficacité mesurée côté annonceur.

La question n’est pas de savoir si le server-side est supérieur au client-side. Il est plus juste de demander dans quelles conditions il améliore le yield net sans introduire une opacité excessive. Car la promesse technique, moins de latence et plus de partenaires, peut se transformer en coût économique si les acheteurs ne comprennent plus quel chemin supply ils achètent, si les signaux utilisateur se dégradent ou si les frais intermédiaires deviennent difficiles à auditer.

Pourquoi les éditeurs basculent vers le server-side : latence, densité d’enchères et contrôle opérationnel


Le header bidding client-side a créé une concurrence plus équitable, mais il a aussi transféré une partie de la complexité dans le navigateur. Chaque bidder ajouté augmente le poids du wrapper, la durée d’exécution, le nombre d’appels réseau et le risque de timeout. Sur mobile web, où les conditions réseau sont plus variables, l’impact peut être significatif. Une dégradation de 300 à 500 millisecondes du temps de chargement peut suffire à réduire le taux de rendu publicitaire, augmenter le taux de rebond et diminuer le nombre d’impressions effectivement monétisables.

Le server-side répond à cette contrainte en consolidant les appels. Un wrapper comme Prebid.js côté navigateur peut appeler Prebid Server, ou une solution propriétaire, qui interroge ensuite plusieurs partenaires depuis une infrastructure serveur. Cette architecture permet théoriquement d’ajouter davantage de demande sans multiplier les scripts côté utilisateur. Pour un éditeur qui travaille avec 8 partenaires client-side, passer une partie de la demande server-side peut permettre de tester 15 à 25 partenaires sans doubler le temps de chargement perçu.

Le premier effet attendu sur le yield vient donc de la bid density, densité d’enchères, c’est-à-dire le nombre d’offres compétitives reçues pour une opportunité d’impression. Si un emplacement reçoit en moyenne 3,2 bids valides en client-side et 5,1 bids valides après ajout server-side, la probabilité d’obtenir une enchère supérieure augmente. Cet effet est particulièrement important sur les inventaires peu disputés, les géographies secondaires, certains formats longue traîne ou les emplacements dont la valeur varie fortement selon les acheteurs.

Mais la densité brute ne suffit pas. Un partenaire supplémentaire qui envoie beaucoup d’enchères faibles, arrive après le timeout ou ne dispose pas d’un bon matching utilisateur peut augmenter le volume d’appels sans améliorer le clearing price, prix auquel l’impression est effectivement vendue. Le yield doit donc être analysé net de la latence, des frais, du taux de réponse, du taux de victoire et de la qualité des enchères.

Le deuxième intérêt est le contrôle opérationnel. Le server-side centralise certaines règles : timeouts, floors, c’est-à-dire prix planchers minimaux d’acceptation, priorités de partenaires, filtrage de formats, transmission de signaux de consentement, gestion de la supply chain et parfois expérimentation A/B. Pour les grands éditeurs, cette couche devient un véritable système d’orchestration de la demande. Elle permet de réduire la dépendance à des intégrations multiples et de piloter plus finement le revenu par page, par format ou par segment d’audience.

Le troisième intérêt concerne l’infrastructure. Côté éditeur, réduire le poids client peut améliorer les Core Web Vitals, indicateurs de performance web qui influencent l’expérience utilisateur et parfois le référencement naturel. Côté acheteur, une architecture server-side peut réduire certaines duplications et rationaliser le bidstream, flux de requêtes d’enchères envoyé aux plateformes d’achat. Mais cet effet n’est pas automatique : mal configuré, le server-side peut au contraire multiplier les chemins indirects et rendre la supply path optimization, ou SPO, plus difficile.

L’effet sur le yield : plus d’enchères ne signifie pas toujours plus de revenu net


Le yield éditeur se mesure rarement avec une seule métrique. Le CPM, coût pour mille impressions, indique le prix moyen payé, mais il ne dit pas si davantage d’impressions ont été rendues, si la latence a baissé, si les frais ont augmenté ou si la demande additionnelle est réellement incrémentale. Une lecture robuste doit distinguer le revenu brut, le revenu net éditeur, le taux de remplissage, le taux de rendu, la valeur par session et le revenu par mille pages vues.

Prenons un cas simplifié. Un éditeur média opère 100 millions d’opportunités display mensuelles. En client-side, il travaille avec 7 partenaires, obtient un taux de remplissage de 82 %, un CPM moyen brut de 2,40 euros et un taux de rendu de 91 %. Son revenu brut théorique approche 196 800 euros. Après déploiement d’une couche server-side avec 10 partenaires additionnels, le taux de remplissage monte à 87 % et le CPM brut à 2,52 euros, mais les frais serveur et les frais de certains partenaires absorbent 6 % du revenu additionnel. Si le taux de rendu progresse à 93 % grâce à une meilleure latence, le revenu net peut réellement augmenter de 8 % à 12 %. Si, en revanche, le taux de matching baisse et que les enchères additionnelles sont peu compétitives, le gain peut tomber sous 3 %.

L’effet dépend fortement du type d’inventaire. Sur un inventaire premium très demandé, déjà accessible à des acheteurs directs, des deals privés et plusieurs SSP majeures, l’ajout server-side peut surtout redistribuer la concurrence sans créer beaucoup de valeur. Sur un inventaire longue traîne, international ou mobile, la baisse de latence et l’accès à davantage de demande peuvent produire un uplift plus net. Les benchmarks observés dans le marché varient fortement, mais les éditeurs rapportent souvent des gains de yield de 5 % à 20 % lors d’un déploiement maîtrisé, avec des cas inférieurs à 5 % lorsque la demande additionnelle est redondante ou mal matchée.

Le point critique est le revenu marginal par partenaire. Ajouter un bidder server-side doit être évalué comme un investissement. Il faut mesurer son taux de réponse, son bid rate, son win rate, le CPM des impressions gagnées, le revenu net après frais, mais aussi son effet sur les autres partenaires. Un nouveau bidder peut accroître le prix de clearing même lorsqu’il ne gagne pas, en mettant davantage de pression dans l’enchère. À l’inverse, il peut cannibaliser un partenaire plus transparent ou générer des enchères faibles qui consomment de l’infrastructure sans gain réel.

Les floors dynamiques compliquent encore l’analyse. Un floor price dynamique ajuste le prix plancher selon le contexte, la demande attendue, l’historique de prix et parfois l’audience. En server-side, la couche d’orchestration peut tester plus efficacement différents niveaux de floors, mais elle peut aussi créer des incohérences si les SSP reçoivent des signaux différents ou si les floors sont optimisés pour le revenu court terme au détriment du taux de remplissage. Un floor trop agressif peut augmenter le CPM moyen tout en réduisant le revenu total par session.

Le bon KPI n’est donc pas l’uplift de CPM. C’est le yield net incrémental par session ou par mille pages vues, corrigé du taux de rendu et de l’expérience utilisateur. Une hausse de CPM de 10 % peut être destructrice si elle s’accompagne d’une baisse de 12 % des impressions rendues ou d’une hausse du rebond. À l’inverse, une stabilité du CPM peut être positive si le serveur réduit les timeouts et augmente le nombre d’impressions effectivement monétisées.

La transparence sous tension : chaîne d’approvisionnement, frais et visibilité log-level


Le principal reproche adressé au header bidding server-side concerne la transparence. En client-side, l’acheteur peut parfois observer plus directement quel partenaire a été appelé et dans quel contexte. En server-side, une couche intermédiaire agrège, relaie et normalise les appels. Cette abstraction facilite l’exploitation, mais elle peut réduire la visibilité sur les chemins exacts, les frais appliqués, les pertes de signal et la hiérarchie des décisions.

La transparence doit être analysée à trois niveaux. Le premier est la transparence de la relation vendeur. Ads.txt et app-ads.txt permettent aux éditeurs de déclarer les vendeurs autorisés sur le web et en application. Sellers.json aide à identifier les entités qui vendent l’inventaire. Le SupplyChain Object, ou schain, décrit les intermédiaires impliqués dans une transaction programmatique. Ces standards sont indispensables, mais ils ne garantissent pas que l’acheteur comprenne la logique d’orchestration server-side ni la part de frais prélevée à chaque étape.

Le deuxième niveau est la transparence économique. Un éditeur peut payer des frais d’infrastructure server-side, un SSP peut prélever une commission, un intermédiaire peut facturer une couche de gestion de la demande et le DSP peut ajouter ses propres frais. Côté annonceur, le CPM média visible dans le reporting ne reflète pas toujours la part réellement reversée à l’éditeur. C’est le sujet de la take rate, part du budget absorbée par les intermédiaires. Dans certaines chaînes complexes, les études de transparence menées sur le marché programmatique ont montré que 15 % à 35 % de la dépense pouvait être difficile à réconcilier selon les environnements et les méthodologies. Le server-side n’est pas la cause unique de cette opacité, mais il peut l’accentuer si les logs ne sont pas partagés.

Le troisième niveau est la transparence décisionnelle. Quels bidders sont appelés ? Avec quel timeout ? Quels signaux utilisateur sont transmis ? Quels partenaires sont exclus selon le consentement ? Comment les floors sont-ils appliqués ? Les enchères server-side sont-elles toutes mises en concurrence dans une auction réellement unifiée, ou certaines passent-elles par des logiques séquentielles ou hybrides ? Sans réponse à ces questions, l’acheteur ne peut pas évaluer correctement la qualité du chemin supply.

La donnée log-level est ici déterminante. Les log-level data désignent les données au niveau événement : bid request, bid response, impression, prix, timestamp, identifiants techniques, seller ID, schain, deal ID, format, domaine ou application. Pour auditer le server-side, il faut pouvoir rapprocher les logs éditeur, SSP et DSP, au moins sur des échantillons représentatifs. L’objectif n’est pas seulement de vérifier les revenus, mais de comprendre où se perd la valeur : timeout, absence d’identifiant, floor trop haut, mauvais mapping de format, consentement non transmis, duplication de chemin ou frais excessifs.

Une politique mature impose donc des exigences contractuelles. Les éditeurs doivent demander la granularité des frais, la documentation des règles d’orchestration, la conformité aux standards IAB Tech Lab et l’accès à des exports exploitables. Les acheteurs doivent exiger des champs schain complets, surveiller le statut direct ou reseller, comparer les chemins supply pour un même domaine et intégrer ces critères dans leur SPO. Sans cette discipline, le server-side peut devenir une boîte noire efficace en apparence, mais difficile à optimiser économiquement.

Le défi des signaux : cookies, consentement, identifiants et perte de matching


Le server-side améliore souvent la latence, mais il peut dégrader certains signaux d’identité. En client-side, le navigateur permet aux partenaires d’accéder à certains cookies ou identifiants, sous réserve de consentement et de restrictions techniques. En server-side, les appels passent par un serveur qui doit synchroniser, mapper ou transmettre les identifiants disponibles. Cette étape peut réduire le match rate, taux de correspondance entre un utilisateur reconnu par l’éditeur, le SSP, le DSP ou un fournisseur d’identité.

Historiquement, l’un des freins au server-side était précisément la cookie sync, synchronisation permettant à plusieurs plateformes de reconnaître un même navigateur avec leurs identifiants respectifs. Si un bidder client-side reconnaissait 70 % des utilisateurs et son équivalent server-side seulement 45 %, l’enchère server-side pouvait être moins élevée malgré une meilleure latence. Un acheteur qui ne reconnaît pas l’utilisateur, ne dispose pas d’un segment d’audience ou ne peut pas appliquer un capping, plafonnement de fréquence, enchérira souvent moins ou pas du tout.

La disparition progressive des cookies tiers et les contraintes de consentement changent toutefois l’équation. Dans un environnement où les signaux client-side se raréfient, le server-side peut devenir plus attractif s’il s’appuie sur des données first-party, données collectées directement par l’éditeur ou l’annonceur, des identifiants déclaratifs, des clean rooms, environnements sécurisés de rapprochement de données, ou des solutions d’identification respectueuses du consentement. Le serveur peut aussi mieux standardiser la transmission du consent string, chaîne indiquant les choix de consentement de l’utilisateur selon le Transparency and Consent Framework.

Mais cette transition n’est pas automatique. Un setup server-side mal configuré peut transmettre moins de signaux qu’un setup client-side, ou transmettre des signaux incohérents entre partenaires. Pour l’éditeur, cela se traduit par des CPM plus faibles sur les utilisateurs non reconnus. Pour l’annonceur, cela peut dégrader le ciblage, la fréquence, l’attribution et la mesure du reach. L’attribution, méthode qui assigne une conversion à un ou plusieurs points de contact marketing, devient plus fragile lorsque les expositions sont moins bien reliées aux conversions.

Un exemple illustre l’arbitrage. Un éditeur vidéo déplace 60 % de ses partenaires vers le server-side. La latence moyenne de l’appel publicitaire baisse de 280 millisecondes et le taux de rendu progresse de 4 points. Mais le match rate d’un segment intentionniste automobile tombe de 62 % à 48 % sur certains DSP. Les campagnes contextuelles et broad audience gagnent en volume, tandis que les campagnes data-driven enchérissent moins. Le yield global progresse de 7 %, mais le yield des impressions adressables premium baisse de 5 %. La conclusion n’est pas d’abandonner le server-side, mais de segmenter : conserver certains partenaires ou signaux en client-side lorsque leur valeur data compense le coût de latence, et basculer le reste en server-side.

Le futur du server-side dépendra donc de sa capacité à devenir une couche de signal propre, non une simple couche de relais. Les éditeurs doivent investir dans la qualité de leurs données first-party, la gestion du consentement, le mapping des identifiants, la normalisation des taxonomies de contenu et la transmission fiable des signaux contextuels. Sans cela, le serveur augmente le volume d’enchères mais ne maximise pas la valeur par impression.

Quels effets côté acheteur : SPO, duplication, qualité média et pression sur les prix


Pour les annonceurs et agences, le header bidding server-side modifie la lecture du chemin d’achat. Le même inventaire peut être disponible via un deal direct, une SSP client-side, une SSP server-side, un reseller ou une marketplace curatorielle. Si les chemins ne sont pas correctement identifiés, un DSP peut recevoir plusieurs bid requests proches pour une même opportunité ou pour des inventaires substituables. La duplication des enchères peut alors augmenter le QPS, queries per second, nombre de requêtes traitées par seconde, et rendre l’optimisation moins lisible.

La SPO consiste à sélectionner les chemins d’approvisionnement les plus efficaces, transparents et qualitatifs. Le server-side peut faciliter la SPO si l’éditeur centralise proprement la demande, réduit les intermédiaires et documente ses relations directes. Il peut la compliquer si plusieurs plateformes server-side revendent les mêmes impressions avec des schain incomplets ou des frais non visibles. Pour un acheteur, la question devient : ce chemin me donne-t-il un accès plus direct, moins cher ou plus qualitatif à l’inventaire, ou ajoute-t-il seulement une couche d’intermédiation ?

L’effet sur les prix est ambivalent. Une concurrence accrue peut augmenter le clearing price, ce qui améliore le yield éditeur mais renchérit le coût annonceur. Ce n’est pas problématique si l’impression est de meilleure qualité ou plus accessible. En revanche, si la hausse de prix provient d’une auto-concurrence entre chemins redondants, l’annonceur paie plus cher sans gain de reach ni de performance. Le reach désigne le nombre d’individus ou foyers uniques exposés au moins une fois. Une hausse de CPM qui n’améliore ni le reach incrémental ni la qualité d’exposition détériore l’efficience.

Les acheteurs doivent donc croiser plusieurs signaux : CPM, vCPM, coût pour mille impressions visibles, viewability, ou visibilité publicitaire, IVT, invalid traffic, trafic invalide lié à des bots ou comportements non humains, taux de win, fréquence, schain, seller type, deal ID et contribution business. Un chemin server-side peut afficher un CPM supérieur de 8 % à un chemin client-side, mais un taux de rendu plus élevé, une meilleure viewability et moins d’IVT. Dans ce cas, le vCPM net peut être meilleur. À l’inverse, un chemin moins cher peut cacher une perte de signal audience et une attribution moins fiable.

Un framework utile consiste à classer les chemins server-side en quatre catégories :


  • Chemins directs et documentés : éditeur identifié, schain complet, frais connus, logs disponibles, qualité stable. Ils peuvent être priorisés.
  • Chemins performants mais à surveiller : bon vCPM ou bon reach, mais transparence partielle ou dépendance à des signaux instables. Ils doivent être plafonnés et testés.
  • Chemins redondants : inventaire similaire à d’autres chemins, faible différenciation de reach, coûts proches ou supérieurs. Ils relèvent de la SPO.
  • Chemins opaques ou risqués : schain incomplet, seller non clair, IVT supérieur au benchmark, frais non documentés. Ils doivent être exclus ou audités.

La mesure doit aussi tenir compte du funnel, parcours allant de la notoriété à la conversion. Pour des campagnes haut de funnel, un chemin server-side qui augmente la couverture vidéo ou display dans des contextes premium peut être pertinent même avec un CPA, coût par acquisition, moins favorable à court terme. Pour des campagnes bas de funnel, la perte de matching ou l’attribution instable peut peser davantage. Le ROAS, return on ad spend, ratio entre chiffre d’affaires attribué et dépenses publicitaires, ne doit pas être comparé sans tenir compte de l’incrémentalité et de la qualité du signal.

Mettre en œuvre une stratégie hybride : tester, segmenter et gouverner


La plupart des organisations matures n’opposent plus client-side et server-side. Elles construisent une architecture hybride. Le client-side est conservé pour les partenaires dont la valeur dépend fortement de signaux navigateur, de formats spécifiques ou d’une demande premium démontrée. Le server-side est utilisé pour augmenter la scalabilité, réduire la latence, tester de nouvelles sources de demande et centraliser l’orchestration. La décision se prend au niveau partenaire, format, device, géographie et segment d’audience.

La première étape est un test contrôlé. Il faut comparer un groupe d’inventaires ou de pages en configuration standard avec un groupe server-side, en gardant constants les floors, les formats et la pression commerciale autant que possible. Les métriques doivent inclure le revenu net par mille pages vues, le taux de remplissage, le taux de rendu, le CPM brut, les frais, les timeouts, la latence, le match rate, la viewability et l’impact sur les Core Web Vitals. Un test limité à deux semaines peut suffire pour des volumes élevés, mais les inventaires saisonniers ou B2B nécessitent souvent une période plus longue.

La deuxième étape est l’analyse par partenaire. Chaque bidder server-side doit avoir une fiche de contribution : revenu incrémental, effet sur les prix, taux de réponse, taux de timeout, qualité des enchères, frais, transparence, schain, disponibilité log-level, impact sur les autres partenaires. Un bidder qui apporte 2 % de revenu brut mais augmente fortement la complexité ou la duplication peut ne pas justifier son maintien. À l’inverse, un partenaire qui gagne peu mais relève les prix de clearing dans des contextes clés peut avoir une valeur indirecte.

La troisième étape est la gouvernance des signaux. Le consentement doit être transmis correctement, les identifiants doivent être documentés, les segments first-party doivent être testés en client-side et server-side, et les taxonomies contextuelles doivent être cohérentes. Les éditeurs devraient mesurer le match rate par partenaire et par environnement, notamment web, app, CTV, connected TV, télévision connectée, et vidéo. Les acheteurs devraient demander si les signaux utilisés pour le ciblage, la fréquence et l’attribution sont identiques selon le chemin.

La quatrième étape concerne les règles économiques. Les floors ne doivent pas être pilotés uniquement sur le CPM moyen. Il faut mesurer la valeur marginale, le taux de remplissage et le revenu par session. Les éditeurs doivent éviter de multiplier les floors contradictoires entre wrapper, ad server et SSP. Les acheteurs doivent surveiller les hausses de CPM liées à la concurrence server-side et vérifier si elles se traduisent par davantage de valeur : reach incrémental, meilleure visibilité, contexte premium ou conversions incrémentales.

Enfin, la documentation doit être partagée entre équipes yield, ad operations, data, finance et partenaires commerciaux. Le server-side touche à la fois la technique, le revenu, la conformité, la relation acheteur et l’expérience utilisateur. Une décision prise uniquement par l’équipe ad tech peut améliorer un KPI local et dégrader la valeur globale. À l’inverse, une exigence de transparence imposée par la direction commerciale peut renforcer la confiance des acheteurs et soutenir les deals directs.

Conclusion : optimiser le server-side comme une couche économique, pas comme une simple migration technique


Le header bidding server-side peut améliorer le yield en réduisant la latence, en augmentant la densité d’enchères, en facilitant l’orchestration de la demande et en améliorant le taux de rendu. Mais ces bénéfices ne sont ni automatiques ni uniformes. Ils dépendent de la qualité des partenaires appelés, du maintien des signaux d’identité et de consentement, de la transparence des frais, de la configuration des floors et de la capacité à mesurer le revenu net plutôt que le CPM facial.

Son principal risque est de déplacer la complexité hors du navigateur vers une couche moins visible. Si les standards ads.txt, sellers.json et SupplyChain Object sont incomplets, si les logs ne sont pas accessibles ou si les frais ne sont pas explicités, le server-side peut créer une opacité qui affaiblit la confiance des acheteurs. À l’inverse, lorsqu’il est documenté et auditable, il peut devenir un levier de simplification supply et de différenciation premium pour les éditeurs.

Une feuille de route actionnable peut tenir en sept décisions. Premièrement, mesurer l’impact sur le yield net par session, pas seulement sur le CPM. Deuxièmement, tester le server-side par segments contrôlés afin d’isoler l’effet latence, demande et matching. Troisièmement, scorer chaque partenaire selon revenu incrémental, transparence, frais, qualité et effet sur les autres bidders. Quatrièmement, maintenir une architecture hybride lorsque certains signaux ou partenaires performent mieux en client-side. Cinquièmement, imposer des standards de transparence : schain complet, seller clair, frais documentés et logs exploitables. Sixièmement, relier les floors à la valeur marginale et au taux de remplissage, plutôt qu’à une hausse artificielle du CPM moyen. Septièmement, intégrer les acheteurs dans la gouvernance via des critères SPO partagés.

Pour les éditeurs, le server-side n’est pas seulement un moyen d’appeler davantage de demande. C’est une infrastructure de marché qui doit arbitrer entre rapidité, concurrence, signal et confiance. Pour les annonceurs, ce n’est pas un détail technique invisible : c’est un déterminant du prix payé, de la qualité d’accès à l’inventaire et de la lisibilité de la chaîne programmatique. Le bon déploiement ne cherche donc pas à maximiser le nombre de bidders. Il cherche à maximiser la valeur nette d’une impression publicitaire, avec assez de transparence pour que cette valeur soit reconnue, achetée et durablement optimisée.

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